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Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.

Un vent d’optimisme souffle sur l’Europe avec l’espoir d’une résolution de la guerre en Ukraine. Les marchés des actions sont au beau fixe. Cela vaut aussi pour ceux qui ont le plus souffert du conflit, comme la Bourse de Varsovie. Son indice principal WIG 20 est désormais à un point haut de sept ans. Le secteur de la construction connaît un boom incroyable depuis fin janvier, par exemple. Mais des questions restent en suspens.

Quel va être l’effet macroéconomique d’une résolution du conflit ?

Les avis sont partagés. Les estimations d’impact positif sur le PIB de l’Union Européenne vont de 0,1% de hausse à 0,5% pour le scénario le plus optimiste. Évidemment, tout dépend des paramètres de l’accord, de sa mise en œuvre sur le terrain et des conséquences sur les prix de l’énergie, en particulier du gaz naturel européen. Gardons toutefois en tête que même dans le meilleur des mondes, la croissance européenne ne serait qu’à 1,6% cette année (1,1% de croissance estimée + 0,5% lié à la paix en Ukraine). C’est toujours très loin de la croissance des États-Unis qui pourrait caracoler à 2,3% en 2025.

Qui sera le gagnant d’une sortie de crise ?

Certainement pas l’Ukraine. Mais probablement la Chine. Si les États-Unis et l’Europe n’offrent pas de garanties de sécurité crédibles à l’Ukraine, la Chine pourrait prendre le relais, en utilisant son influence sur la Russie. Elle pourrait même proposer un meilleur accord que celui de Trump. L’Ukraine a beaucoup à offrir à Pékin en échange de sa sécurité : reconstruction du pays, vente des ports, accès privilégié aux produits agricoles, aux métaux (lithium, graphite, titane etc.) et aux terres rares dont regorge son sous-sol. Certains en Europe pourraient même soutenir l’idée d’un engagement plus grand de la Chine dans la résolution du conflit.

Mais, à la fin, ce serait l’Europe qui en sortirait perdante. La Chine, en tant que protectrice de l’Ukraine, pourrait remplacer les États-Unis dans le rôle de puissance maintenant la Russie hors du flanc oriental. Les pays de l’UE à l’est dépendraient directement de la protection de la Chine, offrant ainsi à Pékin une influence sans précédent sur l’avenir du continent européen. ​

Improbable ? Pas tant que cela, au regard de la division de l’Europe et de la volonté de désengagement militaire des États-Unis.

Perspectives

Nvidia publie ses résultats le 26 février. Faut-il rassurer après le choc DeepSeek ? Pas nécessairement. Depuis son point bas de janvier, l’action de Nvidia a déjà rebondi de plus de 40%. Les investisseurs sont toujours au rendez-vous. En revanche, l’entreprise pourrait dévoiler plus d’informations concernant sa stratégie pour les années à venir. Lors du CES qui s’est tenu à Las Vegas le mois dernier, son PDG, Jensen Huang, avait révélé que ses équipes travaillent d’arrache-pied sur le lien entre IA et robotique. C’est une bonne nouvelle, car c’est la prochaine étape de développement de l’IA.

Le saviez-vous ?

La crise de dénatalité est tellement forte en Corée du Sud que la vente de poussettes pour chiens dépasse désormais celle des poussettes pour bébés.

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