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Avec des banques centrales qui pourraient se montrer accommodantes durant le reste de l’année, les marchés boursiers devraient continuer de recevoir du soutien.

Le dernier mois a été marqué par l’amplification de la guerre commerciale tandis que les indicateurs négatifs se sont multipliés pour l’économie américaine. A l’occasion de leur webinaire mensuel « Au Cœur Des Marchés » organisé par La Financière de l’Échiquier, Pierre Puybasset (Porte-parole de la gestion) et David Kruk (Responsable du trading desk) sont revenus sur les grands événements du mois écoulé, et ont présenté leurs perspectives pour le positionnement des investisseurs pour les prochains mois.

Consommation

David Kruk souligne que mars s’est inscrit dans la continuité de février, avec des places américaines qui ont été sous pression tandis que les européennes ont mieux résisté. « Nous nous attendions à une correction en mars, nous verrons s’il y aura un rebond dans les prochaines semaines ». Les indicateurs américains sont restés largement négatifs, tant sur la croissance que sur la consommation. « L’indice Citi Economic Surprise est passé en territoire négatif, avec une probabilité de récession qui s’élève désormais entre 20 et 30% alors que personne ne considérait cette possibilité en début d’année ». 

« C’est surtout la fébrilité de la consommation qui commence à inquiéter, car elle a porté la croissance américaine durant les deux dernières années. Combiné à des mesures tarifaires susceptibles d’alimenter l’inflation, le terme de stagflation, particulièrement négatif pour les perspectives des marchés financiers, a également commencé à être de plus en plus prononcé chez les grands courtiers. Je continue de penser qu’il ne s’agit pas d’un problème d’inflation aux Etats-Unis, mais bien d’un problème de résilience de l’inflation ».

Perte d’exceptionnalisme

Cette perte d’exceptionnalisme du marché américain a poussé les investisseurs à se diriger vers des zones plus défensives comme l’Europe ou la Chine. « Les entrées sur l’Europe depuis le début 2025 sont toutefois encore très loin de compenser les sorties de ces dernières années. Les éléments favorables à l’Europe que nous avions identifiés à la fin 2024, se sont en partie confirmés », se rappelle Pierre Puybasset, « notamment le résultat des élections allemandes, la perspective d’une paix en Ukraine, la reprise économique chinoise et la politique monétaire accommodante ».

« Nous avons également eu la surprise du plan budgétaire allemand qui a entraîné un relèvement significatif des attentes sur la croissance européenne ». Et ce mouvement se ressent également dans les attentes bénéficiaires, qui ont tendance à se dégrader aux Etats-Unis et à se redresser en Europe. Les banques et le secteur de la défense ont tiré la performance des marchés européens. « La surperformance de la value face à la croissance a également contribué à la bonne tenue des indices européens ».

Surprenant dollar

Un autre facteur très surprenant du mois écoulé a été l’effondrement du dollar face à l’euro, alors que les experts voyaient la devise américaine plonger sous la parité au début de l’année. « Le tassement des attentes sur la croissance et une banque centrale américaine qui a semblé plus accommodante ont permis de redonner de l’espoir aux marchés quant à une détente du taux directeur durant l’année 2025 », souligne David Kruk. Et à l’inverse, l’attente d’une expansion fiscale en Europe a propulsé les taux longs à la hausse, ce qui a fait plonger la devise américaine vers un niveau de 1,08 dollar pour un euro.

« La Réserve Fédérale a baissé ses estimations de croissance jusqu’en 2027, tandis qu’elle n’a relevé son attente d’inflation que pour 2025, signe qu’elle pense que la hausse provoquée par les tarifs ne devrait être que transitoire. La Fed semble actuellement plus inquiète de l’activité économique que de l’inflation. Je pense donc qu’elle pourrait alléger son taux si l’économie montre des signes de faiblesse trop importants ». David Kruk estime que cette détente pourrait intervenir durant les prochains mois, si les prochaines données économiques confirment ce coup de mou pour la conjoncture américaine.

Du côté des grands courtiers américains, David Kruk constate que le sentiment reste très partagé. Certains estiment que la correction du début d’année offre désormais une possibilité de rentrer sur les actions américaines, avec une baisse du dollar qui va soutenir les attentes bénéficiaires. D’autres estiment que le renforcement de l’Europe n’est pas terminé, avec une détention d’actions européennes qui reste faible tandis que les perspectives économiques devraient continuer à s’améliorer. « Ce qui est général, c’est que personne n’envisage une baisse plus forte des indices américains ».

Avril positif

Pour les prochaines semaines, David Kruk souligne qu’il faudra rester focalisé sur les chiffres du marché de l’emploi, qui seront les principaux indices quant au maintien de la consommation privée (qui pèse 70% du PIB américain). « Si le chiffre des nouvelles créations d’emploi venait à tomber sous les 100000 par mois, voire sous zéro, cela provoquerait une réaction de la Fed et changerait positivement les perspectives du marché américain, même si la réaction à court terme aux mauvaises nouvelles économiques sera probablement négative ».  

 « Pour le mois d’avril, les flux d’achat – toujours soutenus par les particuliers – devraient permettre un rebond, car ils détiennent entre 40 et 60% du marché américain. Depuis plusieurs années, j’ai constaté qu’il est important de suivre systématiquement ce que fait le retail américain. Il faut également suivre les banques centrales qui sont accommodantes », ce qui explique que les actions européennes devraient également recevoir du support durant les prochains mois. « Tant pour l’Europe que pour les Etats-Unis, les anticipations du marché tablent actuellement sur deux ou trois baisses du taux directeur d’ici la fin de l’année, de sorte que les performances devraient désormais tendre à s’équilibrer des deux côtés de l’Atlantique ».

 
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Frédéric Lejoint

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