L’événement French Boutiques a mis en avant un environnement plus incertain sur les marchés financiers, et la nécessité de pouvoir se montrer plus équilibre entre les actions value et croissance.
DNCA Finance et La Financière de l’Échiquier ont récemment organisé leur événement French Boutiques à Bruxelles. A cette occasion, Alexis Albert (gestionnaire du fonds DNCA Invest Evolutif) et Pierre Puybasset (porte-parole de la gestion chez La Financière de l’Échiquier). ont été invités pour analyser la situation économique actuelle et tracer des voies pour le positionnement des portefeuilles des investisseurs.
Ralentissement américain
Suite à l’élection de Donald Trump et la mise en place de mesures tarifaires très agressives, les deux spécialistes estiment qu’un ralentissement de la croissance américaine est probable durant les prochains trimestres, sans toutefois s’attendre (pour le moment) à une catastrophe économique. « Nous avons néanmoins commencé à voir récemment des signaux de ralentissement dans un contexte d’inflation qui reste élevé », constate Alexis Albert (DNCA Finance).
Pierre Puybasset (LFDE) souligne que « le protectionnisme n’est pas un très bon scénario pour l’économie mondiale. Si l’impact à court terme est modéré, l’impact à moyen terme s’oppose à un développement harmonieux de l’économie mondiale. Il est encore un peu trop tôt pour se prononcer quant à l’impact de ces mesures. Si le but ultime est de recréer des blocs qui échangent difficilement, je pense que personne ne se distinguera ».
« Le programme de Trump est plein de contradictions », constate encore Pierre Puybasset. « Par exemple, il veut faire baisser le prix de l’énergie tout en taxant l’énergie importée du Canada pour privilégier la production américaine. Toute baisse de prix constitue également un recul des marges pour les groupes pétroliers, et je doute que ces groupes acceptent de leur plein gré de réduire leur prix ». L’impact des mesures dans le programme de Donald Trump ont clairement vocation à soutenir l’inflation aux Etats-Unis durant l’année 2025, ce qui entraîne aujourd’hui un positionnement assez attentiste de la Réserve Fédérale.
Accélération européenne
Dans le même temps, la tendance en Europe est en amélioration, avec des pays du Sud qui continuent de réaliser de bonnes performances, tandis que la croissance au Nord devrait désormais être soutenue par les plans de relance mis en place en Allemagne. Au niveau de l’allocation sur les marchés boursiers, Alexis Albert (DNCA Finance) souligne « être passé d’une forte allocation sur les Etats-Unis en 2024 vers une situation beaucoup plus équilibrée avec les actions européennes ».
« Après un début d’année en trombe, les marchés commencent à se rendre compte que nous allons probablement avoir des moments plus difficiles », souligne Pierre Puybasset, avec une
Réserve Fédérale qui ne va pas beaucoup aider le marché américain sur l’année 2025, tandis que l’environnement monétaire européen pourrait être plus favorable. « Les valorisations européennes étaient également extrêmement faibles au début de l’année, tandis que les déclarations intempestives de Donald Trump ont commencé à créer des problèmes de visibilité sur l’évolution d’un certain nombre de secteurs aux Etats-Unis ».
Enfin, Pierre Puybasset (LFDE) souligne que la Chine continue d’avoir des difficultés à faire repartir son économie. « DeepSeek nous a toutefois permis de nous rendre compte que la Chine n’était pas complètement en retard dans le domaine de l’IA. Nos gérants ont tendance à relever leur exposition à ce marché, car le risque est probablement asymétrique en faveur de ce pays avec une décote qui reste très élevée. Empêcher les chinois d’avoir les dernières générations des processeurs Nvidia, c’est quasiment la certitude que dans 5-6 ans, ils auront la capacité de les produire eux-mêmes ».
Equilibrage
Au niveau du positionnement de son fonds (DNCA Invest Evolutif), Alexis Albert souligne qu’une stratégie patrimoniale se doit de rester équilibrée entre les Etats-Unis et l’Europe. « Cet équilibre se retrouve également au niveau des styles de gestion, car il n’y a finalement pas de gros écarts entre la performance de la value et de la croissance sur le long terme. La vraie différenciation en termes de performance vient de la sélection des titres, de notre capacité à aller chercher des opportunités qui ne sont pas correctement valorisées par les marchés ».
Pierre Puybasset souligne également que les investisseurs ont tendance à penser que le style value a tendance à surperformer pendant un laps de temps relativement court (trois à six mois), et qu’il faut ensuite rapidement revenir sur la croissance. « Durant les trois dernières années, la value sur les marchés européens a largement dépassé la performance du style croissance ». Cette performance doit être notamment mise au crédit du secteur bancaire, qui a largement dépassé celle des Magnificent Seven depuis le début 2022. « L’époque du tout croissance, est aujourd’hui probablement une approche dépassée ».
Equilibre et flexibilité
Alexis Albert souligne également que le positionnement de son fonds continue actuellement de privilégier le secteur financier. « L’environnement introduit par Donald Trump est là pour rester, et nous privilégions les entreprises qui devraient bien se comporter dans un environnement marqué par une régionalisation croissante des économies, comme les financières, les télécoms ou le secteur de la construction ».
« Mais fondamentalement, la surpondération d’un secteur va toujours résulter de notre sélection de titres plutôt que d’une volonté de surpondérer une thématique plutôt qu’une autre ». Il souligne également l’importance de pouvoir se montrer flexible dans un tel environnement pour un fonds patrimonial comme DNCA Invest Evolutif, avec une exposition sur les marchés boursiers qui a évolué entre 30 et 85% durant les cinq dernières années. « La flexibilité reste cruciale, de même qu’une approche équilibrée entre les régions ou les styles ».
Disclaimers : Ces informations, données, opinions de LFDE ainsi que les valeurs citées sont fournies uniquement à titre d’information et, de ce fait, ne constituent ni une offre d’achat ou de vente d’un titre ni un conseil en investissement ni une analyse financière. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.